16 ans d'existence, 2 130 000 albums vendus, des concerts à travers le monde : les Noir Désir font partie de ces groupes qui comptent dans l'histoire de la musique. Les Bordelais entretiennent toujours avec la même flamme leurs convictions et leurs croyances en un rock puissant et ténébreux à coups de grands riffs rageurs, de batterie percutante et de textes engagés.
Début des années 80, Bertrand Cantat et Serge Teyssot-Gay se rencontrent à Bordeaux alors qu'ils sont tout jeunes (16 et 17 ans) ; avec Denis Barthes, ils décident de monter leur groupe de rock. Après des débuts dilettantes, le trio se met véritablement au travail et commence à se préoccuper de politique. En 83 débarque le bassiste Frédéric Vidalenc (qui le restera jusqu'en 95). Noir Désir commence à prendre forme, les concerts et les maquettes se multiplient et le groupe sort, en 87, son premier Ep « Où veux tu que j'regarde » (produit par Théo Hakola). Qui se vend à 5000 exemplaires en deux mois. Et Barclay prolonge leur contrat pour trois albums. La réputation du groupe est excellente dans le Sud-Ouest, les Noir Dés' attirent du monde et Bertrand Cantat séduit déjà les foules avec son aura magique et son charisme époustouflant. Leur véritable premier opus sort en 89 et reçoit de bonnes critiques de la presse spécialisée, des média, sans parler du public.
La carrière des Bordelais se poursuit jusqu'aujourd'hui entre sorties d'albums, périodes d'enregistrement, tournées magistrales, périodes d'exaltation puis de doute ou discordes. Bertrand Cantat s'abîme les cordes vocales lors de la tournée de Tostaky, doit subir une opération ; Serge Teyssot-Gay sort un album solo en 96 ; Denis Barthes part avec les Edgar de L'Est ; Frédéric Vidalenc quitte le bateau, remplacé par Jean Paul Roy en 95.
La musique des Bordelais s'est forgée en 15 ans de scènes, galères et engagements. Ils ont réussi avec succès à allier un son anglo-saxon et une veine poétique, savant mélange de verbe et mélodie auquel s'ajoute la rage, l'outrance et l'électricité. Après deux premiers albums très sombres et graves, le quatuor s'est engagé vers un rock toujours aussi rebelle, porté tour à tour par des textes révoltés et engagés ou une écriture poétique. Depuis longtemps, Bertrand Cantat s'est intéressé à la poésie et l'écriture (Rimbaud et Mallarmé sont ses favoris).
Un groupe attachant emmené tambour battant par son charismatique leader. Bertrand Cantat dégage une aura particulière qui attire à lui les gens. Simple, sincère, entier, généreux, humain, chaleureux, écorché, excessif.. Qui se refuse à tout compromis et toute concession par rapport à sa ligne de conduite.
Groupe de scène, les Noir Désir soutiennent aussi les causes qui leur tiennent à coeur : lutte contre le racisme sous toutes ses formes, contre la corruption, le fascisme, pour la fraternité, la tolérance... N'hésitant pas à monter sur scène pour défendre leurs idées, animant des forums, expression de leurs prises de position.
Voir les Noir Dés' sur scène reste toujours un grand moment. Groupe que l'on voit et revoit sans fin et toujours avec le même plaisir car il y a ce truc que transmet Bertrand Cantat, cette impression de se donner sans compter, comme si demain il n'y avait plus rien ; il y a cette voix rauque un peu cassée que l'on sent fragile, il y a cette énergie de scène électrique, débridée, excessive qui semble vouloir tout casser, il y a Bertrand Cantat à genoux en train d'arracher des riffs déchirants à sa guitare ; il y a cet air concentré et intérieur ou encore le sourire d'enfant de ce même Bertrand qui remercie son public, qui fait des jeux de mots, qui charrie... Bref, un groupe que l'on aime et dont on ne se lasse pas malgré les années.