Pour sa 12ème édition, Rock en seine bat tous ses records avec 120
000 festivaliers et 3 jours complets et confirme sans difficulté son
statut d'incontournable. Pour nous, a vec 4 scènes, plus de 60
concerts sur 3 jours, des conférences de presse, un village qui ne cesse
de s'etoffer, impossible d'être partout à la fois et, les yeux rivés
sur l'appli, on passera le week-end à faire des choix déchirants.
Vendredi 22/08 : gros son et gouttes de pluieRetrouvailles
avec le parc de Saint Cloud, un peu tard pour voir les pourtant
excellents groupes programmés en début de journée, notamment les
français
Jessica 93 et
Pegase. Tant pis, on attrapera quelques minutes de
Jake Bugg et de son folk dylanesque. Pluie sur les boucles brunes de l'anglais,
voix d'un autre temps, le prodige charme sans difficultés son public
sous parapluies. Pour combattre le froid qui s'insinue, on fonce voir
Crystal Fighters.
On accorde sans difficulté à leurs plumes de paons et à leurs
excellentes boucles electro-pop le titre du concert le plus vitaminé de
ce vendredi.
Difficile de manquer le groupe culte
Blondie et l'incroyable Debbie Harry. Magnifique et généreuse, elle sait entraîner son public de "Call me " à "
Heart of glass",
sans oublier de présenter de très bonnes nouvelles chansons. Les
T-shirts à son effigie s'arrachent au stand merchandising, confirmant
son statut de grande star.
Le punk des suèdois
The Hives contre la pop ensoleillée du canadien
Mac de Marco ?
Les camps se divisent sur la meilleure méthode pour lutter contre la
grisaille : riffs furieux et costard blanc côté Grande Scène contre
casquette et mélodies à la cool sur la Scène de l'Industrie. Mac de
Marco s'en amuse "
Vous savez que les Hives jouent à côté? Vous êtes surs de vouloir être là?" On est sûrs.
Parce qu'il nous faut encore des forces pour affronter les deux têtes d'affiches de la soirée :
Die Antwoord,
les sud-africains inclassables, ne feront aucune concession aux
festivaliers : son dur, beat aggressif, vidéos artys. Les bras sont
levés pendant la quasi totalité du set, le public danse, quasi en transe
sur les voix abstraites de Ninja et de Yo-Landi Vi$er. Moins impliqués,
les
Artic Monkeys livreront un concert sans grande surprise. Un
bon moment pour les fans de rock anglais, on regrette cependant le grain
de folie qui les avait fait la différence au début des 00's.
Samedi 23/08 : Les pieds dans l'herbeLe soleil est au rendez-vous, et c'est sous ses doux rayons que démarre une prestation lumineuse de Junip. La voix de
José Gonzalès plane doucement sur le public et on oublie vite les balances qui
laissent parfois à désirer sur cette scène, c'est parfait pour démarrer
en douceur cette journée..
On file voir
St Paul & the Broken Jones , un groupe tout en paradoxe. On se retrouve subitement devant un jeu
de scène à la Blues Brother, dont s'échappe une voix de soul black à la
Janis Joplin...
L'heure de la bronzette est finie et on passe à la scène de l'Industrie pour voir
ALB : surpris d'abord, on se laisse vite prendre au jeu de ce Rémois dont
les sonorités ne sont pas sans rappeler, au détour de quelques mesures,
les Strokes ou Queen of the Stone Age.
Bon rock et grosse énergie, la foule est grande à se presser devant
Thee Oh Sees, dont les riffs ne laissent pas d'émouvoir leurs fans comme à chacune de leurs apparitions.
Pendant ce temps, les curieux sont partis voir
Clean Bandit et ne sont pas déçus : ça saute, ça se dandine, ça balance, la fosse
est réceptive au son électro des anglais qui prouvent qu'ils savent
faire danser les foules! Une petite gaufre de liège en sortant pour se
remettre?
Lucius rafraîchit étonnamment les oreilles, les deux
new-yorkaises scintillent sur scène et nous livrent un petit bijou de
fin d'été, qui s'égare parfois dans de grandes envolées pop lyriques.
Quelques
cidres plus tard, on fait un détour par le stand Corse pour reprendre
des forces avec une bonne estouffade tout en se laissant bercer par la
voix cristalline de
Emilie Simon, juste derrière. Juste à temps pour suivre la marée humaine qui se dirige vers la grande scène :
Portishead,
une des têtes d'affiches de cette édition, est très attendu. Porté par
la présence intense et torturée de Beth Gibbons, un concert de
Portishead est toujours un grand moment : envoûtant, planant, émouvant
aussi comme sur cette version lente de
Wandering Star, le groupe laisse flotter un parfum de trop peu sur le festival...
Sur la scène de la cascade, l'ambiance est tout autre : le prodige
Flume est là, on y a couru entre Portishead et Prodigy et on y serait bien
resté pour le set entier : le dj australien n'a pas son pareil pour
livrer un son électro digne des plus grands beatmaker du moment.
François and The Atlas Mountains ne décevra pas ses fans, livrant un choix incroyable de justesse.
Pour
Prodigy , c'est sans surprise qu'il faut avoir le coeur bien accroché pour
survivre à la fosse : la foule est déchaînée, les mains levées, ça saute
et se projette dans tous les sens, ce n'est pas peu de dire que le
groupe maitrise son public en grand maitre Vaudou.
Dimanche 24/08 : les
grandes voix.On regrette souvent la prépondérance masculine dans l'univers
rock. Les programmateurs de Rock en Seine semblent vouloir nous prouver le
contraire lors de ce doux dimanche.
Warpaint, le groupe de californiennes que l'on suit de près depuis
le succès suprise de The Fool, semblent nous accueillir avec leurs mélodies
rock aériennes. Les femmes pas assez énergiques?
Selah Sue, minuscule, entraîne facilement un public déjà compact
dans son univers soul/reagge quand
Janëlle Monae défend une soul futuriste
tout en blanc avec une énergie rarement vue.
Un détour masculin, mais de taille :
Thurston Moore, ex Sonic Youth, joue sur la Scène Pression Live. Le
concert à ne pas rater pour les amateurs d'excellent post rock. Le plus petite
des scènes du festival est assaillie et ondule au son de plus en plus
instrumental/expérimental des guitaristes de cette édition. Notre concert
préféré.
Attendue par une foule immense (40 000 personnes seront
présentes en ce dimanche),
Lana del Rey entre
en scène. La polémique qui entoure ses lives est si intense que l'on ne sait
pas à quoi s'attendre. Poupée en robe rose et immense chanteuse, la star
new-yorkaise sera tout à la fois. On l'écoutera enchaîner plus d'une heure de
ses compositions si personnelles, de ses tubes Blue Jeans et Videos Games
jusqu'au titre phare de son nouvel opus Ultraviolence. Elle parle peu, fume un
peu, compense sa timidité scénique par une grande générosité vocale et cinq
longues minutes de selfies dans la fosse.
Dernier cadeau,
La
Roux entame son set de l'autre côté de la pelouse. On est contents de la
revoir, 5 ans après son album eponyme, dans une version plus disco d'elle-même.
Plus dansante, ce qui s'accorde bien à la nuit tombée sur le parc de Saint
Cloud.
On voulait juste danser quelques minutes sur
Kavinsky, on est restés une heure,
emportés par l'énergie et la foule. Le temps d'attraper l'immense "Go with
the Flow" des
Queens of the Stone
Age et c'est déjà la fin alors on suit le flux vers la sortie.
Demain c'est lundi, et la fin Rock en Seine sonne la rentrée
des classes. L'année prochaine, le festival se tiendra le dernier week-end du
mois d'août, prolongeant ainsi un peu nos vacances, nous a révélé plus tôt
François Missonnier, patron du festival. Merci!
Report festival par Esther 'magic' Levi.