Site militaire au XIXe siècle, site industriel au XXe, la Redoute de
Bouviers – appelée aussi « Batterie de Bouviers » – devient donc
au XXIe siècle, un site culturel. Ce fort, construit en 1879, faisait
partie d'un ensemble de fortifi cations (dont le fort d'Asnières, le fort
d'Aubervilliers...) censées protéger Paris d'une nouvelle débâcle,
après la cuisante défaite subie en 1870 face aux Prussiens. Ironie
de l'Histoire, ces moyens de défenses ne correspondaient déjà plus
aux guerres modernes.
Occupée par les militaires jusqu'en 1932, la Redoute de Bouviers
ne présentait aucun intérêt stratégique. Le fort fut donc loué, à partir de 1933, à la société industrielle Hispano Suiza qui y fabriqua, avantguerre, des munitions et y procédait à des essais de moteurs et de canons. Après la Seconde Guerre mondiale, seules les activités de conception et d'essais moteurs, bancs réacteurs, compresseurs et turbines (notamment celle destinée au Transsibérien reliant Moscou à Vladivostok) furent maintenues à Bouviers. La crise économique qui frappa ce secteur dans les années 80 n'épargna pas le site. Hispano Suiza ferma son usine guyancourtoise en 1990. L'EPA (Établissement Public d'Aménagement) de Saint-Quentinen-Yvelines, qui fut l'aménageur de la Ville Nouvelle de 1967 à 2002, racheta le terrain au ministère de la Défense en 1999.
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