Leur « Creep » reste d'ailleurs un des titres marquants dans l'histoire de la pop !
Thom Yorke est tombé jeune dans la musique puisque, dès 82, il crée son premier groupe, TNT, avec Colin Greenwood (basse) et Ed O'Brien. Rapidement étoffé par Jonny Greenwood et Phil Selway. Radiohead pose ses premiers jalons et teste ses premières compositions (début à la Jericho's Tavern d'Oxford dès 87). Si leur première démo est refusée, ils proposent très vite des titres intéressants et personnels et sont rapidement signés chez EMI.
Leur premier album « Pablo Honey » sort timidement, reçoit quelques bonnes critiques mais ne décolle pas vraiment. Pourtant, aux Etats Unis, leur « Creep » perce sur la côte Ouest. Ils enchaînent avec l'enregistrement d'un deuxième album. Douloureux et sous tension. Ils décident alors de repartir sur les routes (tournée australienne) et de réapprendre les sensations live, bref de se retrouver. A leur retour, ils bouclent cet album en quelque jours et « Bends » sort dans les bacs.
Le groupe s'affirmant de plus en plus, le succès aidant, les cinq Radiohead décident de s'installer leur propre studio (Canned Applause) afin de travailler à leur rythme et dans les conditions qui leur conviennent. Dès début 96, ils commencent à enregistrer quelques titres de « Ok computer ». Là encore, ils coupent leur session studio par une tournée (dont 13 dates américaines avec Alanis Morissette). Occasion d'expérimenter de nouveaux sons, de tester quelques trouvailles sonores. Retour au bercail et fin de l'enregistrement dans leur nouveau studio, à côté de Bath. Loin du bruit, du monde, du stress et des tensions. Là, ils enregistrent à leur vitesse, créant les atmosphères, inaugurant des ambiances sonores et surtout explorant différentes directions musicales. Thom chante « Exit music » dans l'entrée glaciale en pierre, « Let Down » est capté dans la salle de bal à trois heures du matin... Au final 14 titres d'un album qui fait date dans l'histoire de la brit pop. Attendu avec impatience, « Ok computer » ne déçoit pas, surprend et élève Radiohead comme un groupe hors norme. La voix de Thom Yorke exprime angoisses et tourments, les guitares de Jonny et Ed décollent, s'envolent , vrombissent. Les Oxfordiens ratissent large et incorporent aussi bien une musique qui s'est nourrie aux Smiths et Pink Floyd, que les ambiances acoustiques à la Nick Drake et même des effets dub. L'album (4 millions d'albums vendus) cartonne, collecte prix, grammy et articles élogieux. L'énorme tournée qui suit les conforte comme groupe incontournable. Leurs prestations scéniques laissent libre cours à leur créativité, occasion de réécrire et réinterpréter certains titres. Emotion et lyrisme extraordinaires se dégagent des concerts enflammés par le charisme et le charme d'écorché de Thom Yorke.
Définitivement des anti-Oasis, ces musiciens font de la musique avant tout par passion. Groupe transparent et honnête, il s'efforce de vivre en conformité avec ses croyances et idées. Refusant tout compromis, dictant leurs volontés à leur maison de disque, revendiquant une liberté d'action , excluant tout concert dans un stade, privilégiant les lieux avec une âme. Preuve à l'appui avec leur dernier né « Kid A » qui a mis le temps qu'il a fallu pour sortir. Nouvelle soucoupe volante du combo qui risque d'en sidérer plus d'un. Radical, changeant, expérimental, puissant, planant, ambient, onirique, apaisant, électro, cérébral, machiavélique : Radiohead assume d'ores et déjà cet album. « Chose imparfaite à mi-chemin de la beauté. Ce disque ressemble à quelque chose comme cela », dixit Colin...
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