A un journaliste frondeur qui lui déclara un jour qu'AC/DC avait enregistré dix albums qui sonnaient tous pareil, Angus Young, le fameux petit guitariste au look d'éternel collégien, répondit : “C'est faux. Nous avons fait onze albums et ils sonnent tous pareil !”. Résumer ainsi la carrière du groupe serait réducteur car, comme c'est le cas pour tous ceux qui sont passés à la postérité, il a vécu autant de drames que de gloire. Initié au départ par la rencontre d'Anglais émigrés en Australie, AC/DC vit ses premières heures sous l'égide d'un duo formé par son guitariste emblématique Angus Young (dont le frère Malcolm tient la guitare rythmique) et le chanteur Bon Scott. Ils créent un répertoire singulier, basé sur le groove, le blues et une voix éraillée, chaude et vibrante. Dès “High voltage” et jusqu'à “Highway to hell”, les Australiens d'adoption collectionnent les morceaux de bravoure, inaugurant des riffs inimitables et un style à part que personne ne leur contestera jamais. Survient alors le drame : Bon Scott décède des suites d'une soirée “excessive” et c'est Brian Johnson qui vocifère sur “Back in black”, entièrement dédié à la mémoire de Bon. Le groupe, devenu énorme, connaît ensuite des années difficiles, avant que le monde entier ne se souvienne de son statut culte et lui renvoie l'estime qu'il mérite. Depuis l'album “Razor's edge”, AC/DC récolte les fruits de sa passion, sans jamais forcer son talent. En restant lui-même, exceptionnel. Assister à un concert d'AC/DC pour la première fois, c'est offrir à ses oreilles un véritable dépucelage au monde du hard rock ! Une prestation presque irréelle, remplie d'adrénaline. Angus Young, petit lutin démoniaque parait immense tant il se dépense, du premier riff au dernier accord. Et comme AC/DC joue dans les plus grandes salles, le spectacle alentours est monumental. Plein les yeux, plein les oreilles !